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1) présentation

          Notre enquête pour la localisation de l’oppidum ne va tenir compte que des textes anciens et va les respecter à la lettre. Les auteurs sont les témoins les plus proches de cette époque et ce sont eux qui vont nous guider vers cet oppidum comme un GPS saurait le faire.  Ils sont principalement« La guerre des Gaules » par César et la "Géographie" de Strabon. Deux cartes de l’antiquité vont elles aussi nous aider elles sont : La table de Peutinger et une carte de Ptolémée. Un court extrait du texte de Plutarque confirmera l’épisode Cévenole de César.

 

César est à Décize sur la rive droite de la Loire actuelle à 40 km du bec d'Allier. Il est là pour arbitrer un conflit entre deux chefs Eduen (Bourgogne). Il décampe pour rejoindre Gergovie. Voici ce qu'il y a d'écrit dans la guerre des Gaules.

Guerre des Gaules

                         livre VII chapitre XXXIV. . . César s'avance vers Gergovie, le long de l’Elaver. A la nouvelle de la  marche de César, Vercingétorix fit aussitôt rompre tous les ponts de la rivière, et remonta l‘Elaver sur la rive gauche.

Pour localiser géographiquement Gergovie, il est important de remettre les noms des fleuves comme ils l'étaient à cette époque.

Pour rappel: Sur la table de Peutinger la Seine prend sa source dans le Morvan et va rejoindre Lutèce. Aujourd'hui c'est l'Yonne.


 

 

 

 

2) Le "Liger" de STRABON.

     Qui est Strabon ? Peu de choses de sa vie sont connues. Il serait né en moins 58. Sa famille habite à Amassée, au nord de la Turquie. Plus tard, il s'installe à Rome. Il est géographe et grammairien.  Il rédige une Géographie conçue comme complémentaire de l’Histoire, en 17 volumes. On peut considérer que Strabon accepte ainsi de transmettre le savoir Grec au service de la conquête romaine.  

 

   Pour commencer correctement l’enquête, il est important de prendre la Géographie de la Gaule comme elle était à l’époque. Strabon nous dit que le Liger passe à Némossos, Clermont Ferrand. La localisation du Liger près de Clermont Ferrand sera confirmée par deux autres auteurs. Strabon écrit : Livre IV chapitre II. « C'est dans le voisinage du Liger que sont établis les Arvernes ce fleuve baigne les murs de Némossos, leur capitale ».

          Rien d’extraordinaire que de penser que le plus puissant peuple de Gaule ait nommé le fleuve qui passe à ses pied du même nom depuis sa source jusqu’à son embouchure. C’était le fleuve sacré des Gaulois, un axe commercial très important pour desservir tout le nord du pays. Strabon et d’autres témoins confirmeront plus loin que ce fleuve prend sa source dans les Cévennes baigne les pieds de Némossos et va se jeter dans l’océan.

 

  2a)  Navigation sur l'Elaver et sur le Liger

Strabon : Livre IV chapitre I paragraphe 14 : Seulement, comme le Rhône est rapide et difficile à remonter, il y a telles marchandises de ces cantons, toutes celles notamment qu'on expédie de chez les Arvernes pour être embarquées sur le Liger, qu'on aime mieux envoyer par terre sur des chariots. Ce n'est pas que le Rhône, en certains points de son cours, ne se rapproche sensiblement de l'autre fleuve, mais, la route de terre étant toute en plaine et peu longue elle-même (elle n'est guère que de 800 stades (800x 185m = 150 km) invite à ne pas remonter le Rhône, d'autant qu'il est toujours plus facile de voyager par terre. A cette route succède la voie commode du Liger, fleuve qui descend des monts Cemmènes et va se jeter dans l'Océan.

          Dans ce chapitre, Strabon explique que le cours du Rhône est difficile à contre courant. Après les 150 km de plaine, il vaut mieux monter les Cévennes et suivre le cours du Liger puis passer par Némossos direction le Nord ou l’océan. Cette route pour être bien connue par Strabon devait être très fréquentée. Comme elle suivait le cours du Liger depuis Langogne, les convois de marchandise ont du faire la fortune des Velavies qui contrôlaient la région. 

          NB: Strabon ne parle que du Liger, fleuve qui traverse Nemossos la métropole Arverne. Or César à Décize (Sur la Loire actuelle) remonte l'Elaver pour rejoindre Gergovie.

         Mais comment utiliser ces cours d'eau peu profond pour transporter dans les deux sens les marchandises? Ce sont les derniers bateliers du Tarn qui nous ont donné la solution. En effet, la Loire et l'Allier en amont de leur confluence sont deux cours d'eau avec des débits similaires à celui ci.

         On peut très bien imaginer que le trafic de marchandise descendait les cours des rivières sur des barques à fond plat accompagné par des boeufs ou des chevaux et le remontait en convois attelés pour remonter les marchandises.


    

Bateliers du Tarn.

L’histoire des bateliers et des barques dans les Gorges du Tarn est liée à la géographie tourmentée des lieux. La barque, depuis au moins le 14ème siècle est le principal moyen pour se déplacer dans le canyon.

Il existe une multitude de barques en bois de formes différentes dans chaque village des Gorges. Les barques sont utilisées comme un moyen de transport pour aller d’un village à l’autre mais aussi pour travailler la vigne et même pour pêcher au filet ou à l’épervier. À la fin du 19ème siècle les premiers touristes explorateurs arrivent dans les Gorges du Tarn par la nouvelle ligne de chemin de fer Paris Béziers, des hôtels se créent dans les villages les premières descentes touristiques voient le jour, les barques ne sont pas encore adaptées au tourisme et l’on voit bien souvent des dames en grandes tenues assises dans les barques sur des chaises de cuisines ….

La création d’une route à l’intérieur des Gorges en 1905 va sonner le glas de la batellerie traditionnelle, à partir de 1940 seul le village de la Malène propose encore un départ pour la promenade touristique. Les Bateliers de la Malène se regroupent en 1952 en coopérative malgré de nécessaires adaptations c’est ce modèle qui perdure encore aujourd’hui.

 

  

          Ces photos démontrent qu’un trafic fluvial important et rapide était possible dans les deux sens. Il devait être controlé par les tribus riveraines qui sécurisaient le parcours, celles ci ont pu s’enrichir au fil des années. Cependant le climat neigeux et imprévisible des Cévennes n’autorisait le passage de ces cols que dix mois par ans en moyenne. 

          Pendant ce temps la conquête Romaine continue le long de la vallée du Rhône. Les Romains y construisent des routes qui vont concurrencées le trafic des fleuves Auvergnats au grand damne des tribus riveraines qui perdent de l’influence et de l’argent.

          Depuis Vienne, le trafic vers le Nord passera désormais par le forum des Ségusiaves mais 360 jours par an, il ne sera pas gêné par les épisodes neigeux violents et fréquents des cols des Cévennes.

          Cette première délocalisation du travail de notre histoire a pu être à l’origine de la révolte des tribus Arvernes et justifier le retour de César en Gaule.

 

 

  2b) Cenabum

   Strabon parle aussi d’une ville très importante pour l’enquête, c’est Cenabum. Il écrit : Livre IV chapitre II 3. « C'est dans le voisinage du Liger que sont établis les Arvernes : ce fleuve baigne les murs de Némossos, leur capitale, puis il passe à Cenabum, principal emporium ou marché des Carnutes, dont l'emplacement marque à peu près le milieu de son cours, pour se diriger de là vers l'Océan où il se jette. »

          Les érudits ont mesurés que Orléans est bien à mi chemin entre Némossos et St Nazaire, vous verrez ça sur tous nos livres d’histoire. Donc Orléans serait Cenabum. La mesure est exacte, environ 370 km de chaque coté. Mais peut-on estimer que le cours d’un fleuve commence à partir de la première grande ville qu’il traverse ?  Est-ce que le cours de la seine commence à Paris, celui du Rhône à Lyon ? Certainement pas. Le cours du Liger commence aux alentours de Langogne, pas à Némossos. Leur démonstration n’est pas logique ni convenable. Le cours d’un fleuve ne commence pas sur la première ville principale qu’il traverse.

 

 

 2c) Cenabum vu par des Britaniques

  Avant la conquête Romaine, le commerce des Arvernes avec la méditerranée passait par les Cévennes à dos de mulets. Ils suivaient l’Allier depuis Langogne, Brioude puis Némossos. C’est le Brivadois, pays des ponts. Le cours du Liger ne commence pas à Némossos mais à Langogne, ce qui fait remonter Cenabum en amont de 100 km sur la ville de Gien. Ville où j’ai vu que des passionnés locaux ont démontrés que : un camp de Jules César occupe le Nord de la ville. C’est un monsieur Bréan qui l’a découvert dans le bois des Merceaux commune de Nevoy. Tout est vérifiable sur internet. Les habitants ont baptisé la rue principale de Gien : rue Jules César.

          (Excusez moi de mettre le texte en Anglais, mais c'est pour vous signifier que même les Anglais ne croient pas que la ville d'Orléans puisse être Cénabum. Laissons nos érudits Français jouer avec Orléans)

       

 

 

 

 

         3) Le "Liger" de PEUTINGER.


 

La table de Peutinger est la carte d’Europe la plus ancienne conservée à ce jour.

-  La Seine prend sa source dans le Morvan, traverse Avallon puis Lutèce, c’est l’Yonne qui à cet époque se nommait la Seine.

- Plus au Sud en rouge, coule un autre fleuve qui arrose la ville des Ségusiaves, "Feurs" puis la ville de "Roanne". Ce fleuve est aujourd’hui la Loire.

- Le Liger passe au pied d’Augusto Némossos, la métropole Arverne au Sud de la plaine de la Limagne. Aujourd’hui, c’est L’ « Allier » qui traverse cette plaine. Est-ce que les Géographes de l’antiquité se seraient trompés ?  Bien sur que non. Simplement parce que les noms des fleuves ont changés. Au cours des siècles qui ont suivis. Les géographes modernes ont rétablis les noms de ces fleuves avec les débits. Dans l’antiquité, les voies commerciales les plus importantes suivaient les fleuves. Les Arvernes de Némossos commerçaient avec toute la Gaule. Le fleuve qui passait au pied de la métropole venait des Cévennes depuis Langogne et se jetait dans l’Atlantique. Strabon le dit au livre IV chapitre 1 paragraphe 13. Cette nomination Liger du fleuve Arverne est confirmée par un autre Géographe, c’est Ptolémée.

 

 

 

4) Le "Liger" de PTOLÉMÉE.


 

          Sur sa carte des Gaules, on voit clairement que le Liger remonte depuis l’océan jusqu’à Augusto-Némossos puis dans les Cévennes. Le plus intéressant c’est qu’il représente comme sur la table de Peutinger la ville de Roanne, «Rodumna» à l’époque, isolé à l’Est du Liger. Si on veut trouver Gergovie, il est très important de remettre le nom des fleuves en place, comme ils l'étaient à cette époque.

 

L’Elaver du texte de César n’apparait pas sur cette carte de Ptolémée. Par contre, elle confirme que:

-Le Liger, la Loire descend des Cévennes puis passe à l’Est d’Augusto Nemeto (Clermont Ferrand)
-Le Liger va se jeter dans l’océan.
-Le Liger ne traverse plus Cenabum, en effet après le passage de César, la ville a été rasée et les Gaulois massacrés.

La carte de Ptolémée correspond aux descriptions du Liger de Strabon.

Aucun fleuve n’est dessiné dans la plaine du Forez autour de Feurs et de Roanne. 

 

 

 

5) Le "LIGER" de Jules César 

 César aussi connait bien le Liger. A Cenabum, il en parle et écrit: chapitre XI du Livre 7. "César y arrive le second jour, et établit son camp devant la place ; mais l'approche de la nuit le force de remettre l'attaque au lendemain : il ordonne aux soldats de tenir prêt tout ce qu'il faut en pareil cas ; et, comme la ville de Cenabum avait un pont sur le Liger… « Fin de citation.». Le fleuve qui traverse Cenabum est appelé par César : « le Liger. ».

 

 

 

6) Première déduction

          On vient de démontrer que le fleuve qui passe dans la région Clermontoise se nommait au début de notre ère le « Liger ». César est à Décize, il va écrire que pour aller à Gergovie, il a remonté le cours d’un fleuve qu’il nomme cette fois « l’Elaver ». Pour justifier Gergovie près de Clermont Ferrand, il va falloir avoir beaucoup d’imagination pour expliquer pourquoi ces quatre témoins se sont trompés.

 

 

7) "L'ELAVER"  de Jules César.    

    César est à Décize chez les Eduens, à 40 km au Sud-est du confluent des deux rivières. Au Nord de la rivière c’est le territoire des Eduens, Bibracte est leur capitale. Au Sud c'est le territoire des Arvernes.

Cette ville est comme Lutèce sur une île au milieu du fleuve. C’est un lieu idéal pour contrôler les flux des marchandises qui descendent des Cévennes. Ceci ne devait pas faciliter les relations entre les Eduens de Décize et les Arvernes.

Donc César à Décize est là pour arbitrer un conflit entre deux chefs Eduens.

 

 [7,33] XXXIII. César obligea donc Cotos de se démettre de sa magistrature, et ordonna que le pouvoir fût remis à Convictolitan .

 

Puis César divise son armée en deux.

     - Quatre légions vont rejoindre Labienus chez les Sénons.

     - Avec les  six autres légions il va à Gergovie.

         César livre VII chapitre XXXIV. . . il s'avance vers Gergovie, le long de l’Elaver. A la nouvelle de la       marche de César, Vercingétorix fit aussitôt rompre tous les ponts de la rivière, et remonta l‘Elaver sur la rive gauche.

 

 

 

 

8) Le "LIGER"  et  "l'ELAVER" au moyen âge. 

Ce sont aussi quelques historiens modernes qui ont constater que les noms de l'Allier et de la Loire ont changés au moyen âge. Marcelin Boudet l'avait publier en 1890.

C'est P B. un ami de Gergovie à St Maurice de Lignon qui a dénicher ce texte dans des archives Google aux USA. Un grand merci à lui.

(clic sur image pour le texte d'origine)

(un extrait du livre ci dessus)


 

          Siméoni a déjà démontré ses talents d’étymologiste en rapprochant « la ferme Gergoie avec Gergovie ». Il va encore une fois nous surprendre en rapprochant « l’Elaver de César avec la rivière nommée l’Allier du XVème siècle ». 

       

 

 

 

9) Conclusion N°2

Pour trouver Gergovie on doit:

 Remonter l’Elaver, pas le Liger.

C’est César qui le dit, il était sur place lui.(sic)

 

 

 

10) Enquête.

          César a mis une quinzaine de jours pour remonter de Decize à Gergovie. Cherchez un oppidum entre 250 et 300 km en amont sur ce fleuve Elaver. Il faut savoir que César à perdu un jour ou deux pour passer de l’autre coté du fleuve. Il voulait éviter la souricière des gorges de l'Elaver et les vallées encaissées infranchissables sur la rive droite du fleuve. C’est dans cette zone en jaune comprise entre 250 km & 300 km de Decize, sur le bord de l’Elaver qu’il faut chercher Gergovie. Un oppidum dont Strabon va nous donner quelques précisions qui le distingueront des collines environnantes.

 

 

11) 1er contrôle.

          Strabon donne des points communs aux deux oppida de Gergovie et d’Alésia.

Strabon livre IV chapitre II paragraphe 3 « Alesia, comme Gergovia, au haut d'une colline très élevée, avec d'autres montagnes et deux rivières autour d’elle ». Fin de citation.

 

          Eh bien oui, l’oppidum de St Maurice de Lignon nous saute aux yeux, il est comme celui d'Alésia à Chaux des Crotenay, en haut d’une colline très élevée, avec d’autres montagnes et deux rivières autour. Ces deux rivières sont l’Elaver et le Lignon.   (Attention, le Sud est en haut de l'image, je le montre dans le sens de la route de César. C'est comme cela qu'il va le décrire)


 

 

 

12) Gergovie: portrait robot de Palladio.


Description de l’oppidum de Gergovie par Palladio. Cet architecte bien plus jeune que l’hypothèse de Siméoni est neutre des différentes propositions pour la localisation de Gergovie. Il a dressé un portrait robot sans jamais être venu sur place mais uniquement avec les nombreuses informations du texte de César. On peut noter que:

1er ) Le grand camp est en hauteur, il domine le site. Tous les camps Clermontois sont en plaine avec un coté en pente douce d’où l’impossibilité de raconter ce qui se passe sur l’oppidum. Personne n’en parle

2ème) Le petit camp est escarpé. Tous les petits camps Clermontois sont cultivés ou lotis.

3ème) La double tranchée relie les deux camps pas comme celle de Merdogne qui relie un oppidum passe devant le camp de César et rejoint le petit camp.

4ème) Le petit camp est dans l’axe Gergovie grand camp. Celui de Merdogne est à l’équerre

5ème) Le petit camp est relié par le pied à l’oppidum.

 

Double clic sur image pour voir une étude comparative entre la planche de Palladio et l'oppidum de St Maurice de Lignon.

Planche fournie par P.B.

 

   

Les volumes cubiques sont des militaires en formation de combat.

 

13) CONCLUSION N°3.

          Aucun des oppida Clermontois ne peut confirmer tout ce que Strabon a écrit. Pourtant son travail est universellement reconnu. Toutes les cartes de la Gaules ont été crées grâce à son œuvre.

          On comprend que du coté de Merdogne ils ne parlent que des résultats des fouilles qui ne prouvent rien de plus qu'une occupation intense Gauloise puis Gallo-Romaine de cette plaine de Limagne pendant mille ans. Là bas le texte de César est chaque fois retravaillé différemment pour tenter d’expliquer la bataille selon les oppida. Chaque fois qu'un détail coince sur tel oppida, ils disent que c'est César qui s'est trompé, par contre sur l’autre, le détail se vérifie. Révisionnisme voir négationnisme du principal témoin de cette bataille. Dans nos livres d’histoire Némossos disparait au profit de Gergovie … no comment.

            Nous allons garder intégralement les textes pour démontrer que St Maurice de Lignon est bien "Gergovie’’. Si les descriptions se retrouvent et collent à 100% à ce plateau, St Maurice de Lignon peut prétendre être Gergovie. On a bon espoir.

 

14) comparatif de plusieurs oppida




historique des oppida Clermontois










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