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2. Voici, maintenant, quels sont les peuples compris entre le Garounas et le Liger qui ont été, avons-nous dit, annexés à l'Aquitaine : les Éluens, d'abord, dont le territoire commence à partir du Rhône; immédiatement après les Éluens, les Vellaves, qui faisaient partie naguère de la nation des Arvernes, mais qui, aujourd'hui, sont indépendants; puis les Arvernes eux-mêmes, les Lémovices et les Pétrocoriens, auxquels il faut ajouter les Nitiobriges, les Cadurques et les Bituriges-Cubes; sur le littoral, les Santons et les Pictons, les premiers, riverains du Garounas, les autres, riverains du Liger; enfin, les Rutènes et les Gabales, sur les confins de la Narbonnaise. Il y a de belles forges chez les Pétrocoriens, ainsi que chez les Bituriges-Cubes; des fabriques de toiles de lin chez les Cadurques, et des mines d'argent chez les Rutènes et chez les Gabales.

3. C'est dans le voisinage du Liger que sont établis les Arvernes (31) : ce fleuve baigne les murs de Nemossus, leur capitale, puis il passe à Cenabum, principal emporium ou marché des Carnutes, dont l'emplacement marque à peu près le milieu de son cours, pour se diriger de là vers l'Océan où il se jette. Ce qui peut donner une haute idée de l'ancienne puissance des Arvernes, c'est qu'ils se sont mesurés à plusieurs reprises avec les Romains et leur ont opposé des armées fortes de 200 000 hommes, voire même du double, car l'armée avec laquelle Vercingétorix combattit le divin César était bien de 400 000 hommes. Dejà auparavant, ils avaient combattu au nombre de 200 000 et contre Maximus Aemilianus, et contre Domitius Ahenobarbus. Avec César, la lutte s'engagea d'abord devant Gergovia, ville des Arvernes, bâtie au sommet d'une haute montagne et patrie de Vercingétorix; elle recommença sous les murs d'Alesia, ville appartenant aux Mandubiens, nation limitrophe des Arvernes, et située, comme Gergovia, au haut d'une colline très élevée, avec d'autres montagnes et deux rivières autour d'elle; mais le chef gaulois y fut fait prisonnier, ce qui mit fin à la guerre. Quant à la lutte contre Maximus Aemilianus, elle avait eu lieu près du confluent de l'Isar et du Rhône, lequel en cet endroit, touche presque à la chaîne des monts Cemmènes; et c'est plus bas, au confluent du Sulgas et du Rhône, que s'était livrée la bataille contre Domitius. Ajoutons que les Arvernes, non contents d'avoir reculé les limites de leur territoire jusqu'à Narbonne et aux confins de la Massaliotide, étaient arrivés à dominer sur la Gaule entière, depuis le mont Pyréné jusqu'à l'Océan et au Rhin. Enfin le fait suivant peut donner une idée de l'opulence et du faste de Luerius (32), père de ce fameux chef, Bituit, qui livra bataille à Maximus et à Domitius : pour faire montre de sa richesse aux yeux du peuple (34), il aimait à se promener en char dans la campagne en jetant de droite et de gauche sur son passage des pièces d'or et d'argent, que ramassait la foule empressée à le suivre. 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Texte de CésarDe Vienne à Decize










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