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Divisant son armée en deux corps, il donne quatre légions à Labiénus pour aller chez les Sénons et les Parises; lui-même, à la tête de six autres légions, il s'avance vers Gergovie, le long de la rivière Elaver. Il avait donné à Labiénus une partie de la cavalerie, et gardé le reste avec lui. A la nouvelle de la marche de César, Vercingétorix fit aussitôt rompre tous les ponts de la rivière, et remonta l'Elaver sur la rive gauche.

[7,35] XXXV. Les deux armées étaient en présence, (1les camps presque en face l'un de l'autre; et les éclaireurs disposés par l'ennemi empêchaient les Romains de construire un pont et de faire passer les troupes. Cette position devenait très embarrassante pour César, qui craignait d'être arrêté une partie de l'été par la rivière, l'Elaver n'étant presque jamais guéable avant l'automne. Pour y arriver, il campa dans un lieu couvert de bois(2), vis-à-vis l'un des ponts que Vercingétorix avait fait détruire; et s'y tenant caché le lendemain avec deux légions, il fit partir le reste des troupes avec tous les bagages, dans l'ordre accoutumé, en retenant quelques cohortes; pour que le nombre des légions parût au complet. II ordonna de faire la plus longue marche possible(3), et quand il put supposer, d'après le temps écoulé, que l'armée était arrivée au lieu du campement, il se mit à rétablir le pont sur les anciens pilotis​(4), dont la partie inférieure était restée intacte. L'ouvrage fut bientôt achevé: César fit passer les légions, prit une position avantageuse​(5), et rappela les autres troupes. A cette nouvelle, Vercingétorix, pour n'être pas forcé de combattre malgré lui, se porta en avant à grandes journées.(6)

[7,36] XXXVI. De là César parvint en cinq marches à Gergovie(7); et le même jour, après une légère escarmouche de cavalerie​(8), il reconnut la position de la ville, qui était assise sur une montagne élevée et d'un accès partout très difficile

 

          Ce schéma permet de comprendre ici, pourquoi est ce que Vercingétorix veut à tout prix empêcher César de traverser le fleuve.

          Comme il le fera plus tard, à Alésia (Jura), il veut  guider César dans un traquenard. Ici c’est par l’ancienne route  au fond des gorges de la Loire qu’il espère conduire le Romain, une véritable souricière. Mais le renard César à compris l' objectif de son ennemi. Une simple manœuvre de diversion va lui permettre de passer du coté du fleuve qui lui évitera ce piège.

           Vercingétorix n’a rien vu venir, il a compris que sa ruse est déjouée par César. Il ne veut pas combattre contre la technicité Romaine donc rentre en urgence dans sa ville de Gergovie. Il peut passer par les gorges de l’Elaver, les Romains sont derrière lui.

          Finalement, le Gaulois a imposé aux Romains  un parcours sur la rive droite du fleuve aux Romains pour rien, César le rejoindra 5 jours plus tard en passant par la seule route carrossable qui permette de descendre au sud et qui  passe près de Gergovie. C’est une ancienne voie Gauloise puis Romaine« La Bolène »encore enneigé à cette époque de l'année. Nous sommes mi-Mars.

NB ; Depuis la plaine du forez, il n’y a pas de route carrossable vers Gergovie sur la rive droite du fleuve.

 

Si Merdogne était Gergovie ! ! !


 

          Tous les tenants des oppida de la Limagne ont démontrés que ceux ci étaient tous occupés par des Gaulois à cette époque. Ces démonstrations décrédibilisent un Gergovie à Merdogne. En effet, il serait surprenant qu’ils soient restés neutre pendant le combat principal. Jamais César n'a parlé de ce bouquet d'oppida. Il 'a pas parlé du lac de Sarliève asséché sous Louis XIV, Ce lac se situe là où César décrit une colline au sommet plat ! ! !

          Et Némessos, là où le père de Vercingétorix voulait y prendre le pouvoir absolu. Il a été exécuté. Quand à son fils, il a été banni de la ville sans tambours ni trompettes. Il serait surprenant que son retour avec six légions aux trousses soit accueilli avec les honneurs dus  à son rang. Cette cité riche en or (Strabon) aurait du être pillée par les Romains, il n’en est rien pas un mot dans le texte de César.

 

Plus de précisions sont en cours de construction, ci dessous.

 

 

Ce que l'on doit retenir de ces 6 informations.

1) l'ennemi empêchait les Romains de construire un pont.

- La rivière est obligatoirement très large.

- Vercingétorix a une bonne raison d’essayer de contenir César sur la rive droite depuis Decize. C’est parce que plus loin, seulement deux routes carrossables permettent de faire passer une armée jusqu’à Gergovie. C'est lui qui veut imposer la route à César.

* l’une passe le long de la rivière dans des gorges encaissées.

*  l’autre sur le plateau mais sur la rive gauche. 

Photo de gauche, le chateau de St Victor au moyen age, avec des gorges encaissées.

Photo de droite;

 -Ligne continue, route des légions de César sur le plateau de St Maurice en Gourgois. C'est la voie "Bolène" Voie Gauloise qui existait bien avant l'arrivée des Romains sur cette partie de la Gaule.

-Ligne pointillée, route que Vercingétorix voulait imposer à César. Cette route est une souricière.

- Trait noir; pas de possibilité qu'une armée passe par là, trop de vallées très encaissées. Elle est militairement dangereuses

Cliquez sur les images pour en savoir plus.
  

Si César reste sur la rive droite, il sera obligé de passer par le chemin que veut lui imposer Vercingétorix «  les gorges de la Loire » C’est hors de question qu’il ose faire prendre ce risque à son armée.

2) l'Elaver n'étant presque jamais guéable avant l'automne.

- Ceci explique que le courant de la rivière est important, avec des crues.

Le même pont à Decize ;  http://fr.wikipedia.org/wiki/Loire_(fleuve)


3) rétablir le pont sur les anciens pilotis, 

Ceci confirme la grande largeur de la rivière.

Pont de montrond les bains au sud plaine du forez. Ici aussi les crues sont nombreuses et violentes, la longueur du pont et la hauteur des arches le démontre

4) A cette nouvelle, Vercingétorix, pour n'être pas forcé de combattre malgré lui, se porta en avant à grandes journées.

- La traversée de la rivière par les Romains confirme que, les intentions de Vercingétorix n’étaient pas de combattre mais de contenir César sur la rive droite.

5) [7,36] XXXVI. De là César parvint en cinq marches à Gergovie;

l’endroit où César traverse le fleuve doit être à 5 journées de marche de Gergovie, c’est-à-dire environ 125km si c'était en plaine. Ici moins que ça car César doit monter sur un haut plateau encore enneigépour atteindre la cité Gauloise.

 

6) César fit passer les légions, prit une position avantageuse, et rappela les autres troupes.

- Près de l’endroit où, César traverse la rivière, il doit y avoir une position avantageuse élevée depuis laquelle, il peut rappeler les autres troupes.

 

Conclusion : c’est Vercingétorix qui, jusqu’à 5 étapes avant Gergovie voulait  mener le jeu : en voulant lui interdire de traverser le fleuve il voulait contenir son adversaire dans les gorges et profiter de l’inconfortable position de César  pour l’exterminer avant qu’il atteigne Gergovie.

 

Voici un texte écrit par Mme Porte, Latiniste et historienne Française qui  nous informe que la marche à durée 15 jours entre Décize et Gergovie

 

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Danielle_Porte

Son texte complet ici

Ce document ne fait pas parti des textes de Strabon ni de la guerre des Gaules. Mais si des spécialistes de cette époque le diffuse c'est qu'ils ont en leurs mains des documents probants et précis dont je n'ai pas accès.

Donc je n'ai aucun texte à vous proposer que celui ci pour verifier le timing de César. La notoriété de Mme Porte en la matière, ne me permet pas de douter de la véracité de son résumé ci dessus.

    L'expédition sur Lutèce et le siège de Gergovie (mi-mars à fin avril)

Il établit son camp, fait occuper une hauteur située en face de la place, en réunissant les deux camps par un fossé de communication (B.G. 7,36), cependant que les troupes gauloises occupent toutes les hauteurs alentour.

La marche a duré 15 jours, le siège va durer un mois, interrompu par une expédition que César doit conduire , avec 4 légions contre les Eduens qui entrent en révolte.

À son retour, César apprend la défection générale des Éduens, qui ont massacré les garnisons romaines et pillé leurs biens (B.G., 7, 41 & 43). Malgré un coup de main heureux de César, une initiative trop audacieuse de ses lieutenants tourne mal (perte de 700 hommes et de 46 centurions). L'imperator ne peut mener le siège de Gergovie à son terme.

Déplacements de Légions Romaine  (wiki)

 

Légionnaires en formation de tortue, représentés sur la colonne Trajane

La discipline et l’entraînement des légions se manifestent également dans ses déplacements, et notamment dans ses cadences de marche. La cadence normale est de 5 kilomètres en une heure, puis 10 minutes de pause. Cette cadence est maintenue pendant 5 à 7 heures de marche par jour. Il existe aussi une cadence accélérée à 7,2 kilomètres en 50 minutes, maintenue parfois pendant plusieurs heures (8 ou 9 exceptionnellement), en cas d’urgence (pour aller porter secours à une autre légion).

Cette rapidité de déplacement (inégalée jusqu'à la Révolution française) donne de grands avantages opérationnels à la légion romaine : elle permet de réunir deux fois plus de troupes que l'ennemi en un endroit déterminé, avant qu'il puisse réagir.

Les bagages réduisent d'un tiers cette vitesse (étape normale de 25 kilomètres). Chaque soir, un camp fortifié est construit.

Sous l’Empire, cette cadence est possible grâce à un entraînement (ambulatura) ayant lieu au moins trois fois par mois, à date fixe (quel que soit le temps). Tous les militaires se chargent de tout l’équipement réglementaire (jusqu’à 40 kilogrammes) et font, via des itinéraires accidentés, une quarantaine de kilomètres, en alternant les deux cadences.

 

Un hypothétique trajet de  Decize à Merdogne                     Un autre trajet; Decize St Maurice

15 jours de déplacements donc 10km par jours en plaine         15 jours de déplacements; 15 km / jour dont 88  en                                                                                                            montagne (Roanne Balbiny) (St Rambert Les Vilettes)                                                                      

 

On va faire un calcul rapide avec le timing de 15 jours présenté par Mme Porte.

 

 A ces 15 jours, on doit enlever le temps perdu pour créer une diversion. Elle a été conçue pour permettre d’éloigner les Gaulois au Sud pendant la reconstruction d’un pont détruit. Ce temps d’une journée est mon estimation. César perd une autre journée pour revenir traverser le pont reconstruit par son détachement resté caché sur place.

Les escarmouches militaires n’ont pas dues bien retarder la colonne, chaque camp est resté sur sa rive. Quand César traverse, le Gaulois s’enfuit donc pas de temps perdu.

(Étape normale de 25 kilomètres).

Le temps de trajet pur, n’a duré que 13jours x par 25km = 325 km (parcours théorique vers Gergovie)

  • Je me renseigne sur le trajet auprès d’un Auvergnat (Via Michelin),  pour connaitre la distance Décize / Gergovie si toutefois Gergovie était près de Clermont Ferrand.

Décize – Vichy – Gergovie  = 160km  pour 13 jours de marche. 160km:13jours = 12 km / jour. Les Romains sont  réputés pour réaliser le double. Pressé de traverser la rivière avant les crues, César n’a pas pu faire tenir une cadence de marche aussi piètre.

  • Puis, je mesure mon trajet pour une éventuelle route vers St Maurice de Lignon. Ce trajet est hypothétique, aucune information ne valide mon hypothèse. Je suppose que la traversée de la Loire s’est faite vers Montrond les bains où trois options se sont offertes à lui.
  • César prenant la route des gorges de la Loire aurait été une aubaine pour Vercingétorix. Les gorges sont encaissées et longues. La colonne Romaine entièrement coincée au fond serait prise dans une véritable souricière. Le Gaulois fuyant vers Gergovie a du y passer, il n’avait rien à craindre du relief, les Romains sont derrière. Ce chemin plus court  lui a permis de gagner 2 jours. Plus 2 autres jours puisqu’a la diversion, il n’est pas retourné combattre César à Montrond.
  • Passer par la rive droite est impossible, le relief est très-très escarpé, il ne devait pas y avoir de routes ouvertes pour une armée. Les châteaux du moyen âge protégeant ces anciennes routes sont tous sur la rive gauche.
  • La seule option est la rive gauche, la cadence de marche à due être ralentie, mais le plateau de St Maurice en Gourgois est plat et praticable puis descente sur Bas en Basset où la Loire n’est ici qu’une rivière à truite. Ce n’est plus un obstacle militaire. C’est ici qu’il y a du avoir la dernière escarmouche avec la cavalerie Gauloise.

Sur le trajet de la Loire, César rencontre deux difficultés.

  • Les collines de Balbigny, sur la rive droite du barrage de Villerest.
  • La montée sur Essalois, elle surplombe le barrage de Grangent. Le château d’Essalois est sur ce trajet, il est attesté comme étant sur un ancien oppidum Gaulois.

Ces petites collines vers Vendrange et St Maurice de Lignon sont d’accès difficile et ont dut sérieusement ralentir la colonne Romaine.

  • Décize - Roanne - Montrond les bains => 175 km / 25km =                7 jours de marche
  • Ralentissement géographique entre Roanne et Balbigny                    1 jour de marche suplémentaire
  •  Montrond les bains – les Villettes => 65 km / 20km =                          5 jours de marche environ
  • Temps perdu pour la diversion                                                              2 jours

                                                                                            Total du parcours 15 jours

       240 km pour 13 jours ;  Les étapes font 18 km de moyenne, alors qu’une armée Romaine peut faire entre 25 et 30 km. Ces estimations kilométriques de 25 à 30 km par étape sont pour des terrains plats. C’est la performance qu’il a pu réaliser dans les plaines de Bourgogne et du Forez.

Sauf erreur de calcul de ma part, le timing de mon trajet de 235km colle mieux aux temps de déplacement de 15 jours des 6 légions de César.

Ceci est encore un point de plus qui,  pour moi valide ma théorie pour que Gergovie puisse être à St Maurice de Lignon. Merci de m'expliquer tout ça sur les sites de la Limagne

 

 

La route que je suppose être celle des légions, n’est pas choisie au hasard. De ce coté de la Loire, une multitude de châteaux du moyen âge devait guider les voyageurs de l’époque. Ils ont du eux aussi correspondre à des étapes de convois de marchandise ou des étapes militaires.Ces châteaux bien sûr  n’existaient pas pendant le périple de César

 

  1. Départ ; château de Montrond kilomètre Zéro ;            altitude 340m
  2. Saint Rambert ;                                                            altitude 390m
  3. Essalois ;                                                                      altitude 558m
  4. Saint Maurice en Gourgois ;                                        altitude 780m
  5. Rosier côte d’Aurec ;                                                   altitude 840m
  6. Malvalette ;                                                                  altitude 560m
  7. Bas-en-Basset ;                                                            altitude 465m
  8. Les  villettes ;                                                               altitude 670m

        Total du trajet 65km mesuré avec Google earth sur l’option marcheur, de fortes dénivellations, 5 étapes de marches

Ce texte ne fait pas parti de "La guerre des Gaules" mais le timing de ce trajet est difficilement discutable. Mme Porte est la rédactrice. Peu de personnes ne connaissent le monde Gallo-Romain autant qu'elle.

A St Maurice, le site mérite un point de plus.
 
Merdogne  2 / 25
St Maurice 25 / 25



De Vienne à Decize










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